Dans son Rapport sur le développement dans le monde 2026, intitulé « La promesse de l’intelligence artificielle », le Groupe de la Banque mondiale (GBM) place le Royaume d’Arabie Saoudite parmi les dix premiers pays pour l’investissement privé dans l’IA et met en avant son attractivité pour les talents et son expérience d’intégration des données publiques. Une reconnaissance qui reflète, selon le texte, le soutien de la direction et le cap fixé par la Vision saoudienne 2030 vers une économie des données, de l’informatique et de l’innovation.
Première évaluation globale de la Banque mondiale sur les effets de l’IA dans les économies en développement, le rapport s’articule autour de trois axes : les capacités offertes par l’IA pour élargir l’accès à l’expertise et éclairer la décision ; la concentration de la production des modèles avancés, des puces et des centres de données dans quelques pays et entreprises ; et les facteurs complémentaires que sont les infrastructures, les données, les compétences et les institutions. Il insiste sur le fait que tirer profit de l’IA exige un écosystème complet, au-delà des plus grands modèles, et que les solutions adaptées au contexte local améliorent productivité et services publics.
Sur la concentration, le rapport relève que le Royaume combine incitations fiscales et zones économiques spéciales pour attirer les centres de données et développer la puissance de calcul, en reliant capitaux, talents, start-up, énergie et infrastructures. La capacité des centres de données est passée de 68 mégawatts en 2021 à 440 mégawatts en 2025, puis à 467 mégawatts au premier trimestre 2026, soit plus de 6 % de hausse depuis janvier et près de sept fois le niveau de 2021. La couverture 4G et 5G atteignait 99 % fin 2025, avec un débit internet moyen de 216 mégabits par seconde.
Côté talents, le pays figurait en 2025 parmi les économies aux flux nets les plus élevés de professionnels de l’IA pour 10 000 membres sur « LinkedIn », aux côtés du Luxembourg, de l’Australie et de la Suisse, avec un flux net de 3,08 pour les principaux auteurs et innovateurs en IA. Les effectifs du secteur technologique ont atteint environ 426 000 personnes, contre 150 000 en 2018, soit une croissance cumulée de 186,6 %, et la part des femmes dans les métiers des TIC s’élève à 35 %.
Au titre des facteurs complémentaires, le rapport cite en modèle la plateforme de l’Autorité saoudienne des données et de l’intelligence artificielle (SDAIA), qui intègre les données de plus de 60 entités publiques sans les sortir de leurs systèmes, au bénéfice de la gouvernance, de la confiance et de la protection des données. L’économie numérique pèse par ailleurs 16 % du PIB, le marché des TIC représentait l’équivalent de 199 milliards de SAR en 2025, et le Royaume est deuxième mondial de l’Indice de maturité des technologies gouvernementales 2025 du GBM.
Le Royaume a aussi contribué à l’élaboration du document : le ministre des Communications et des Technologies de l’information, Abdullah Alswaha, siégeait à son comité consultatif de haut niveau, et le Centre saoudien de la compétitivité et des affaires (NCC), le Centre conjoint de connaissances du GBM et du Royaume ainsi que des entités publiques, privées et de recherche ont été consultés. La parution intervient alors que le Conseil des ministres, réuni le 10 mars 2026 sous la présidence de Son Altesse Royale le Prince Mohammed bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, Prince Héritier et Président du Conseil des ministres, a fait de 2026 l’« Année de l’IA », confirmant l’ambition du Royaume de devenir un pôle mondial des données et de l’IA.
