Avec des milliers de kilomètres de côtes sur la mer Rouge et le golfe Arabique, l’Arabie Saoudite voit se développer un secteur de la plongée et du tourisme marin en pleine croissance. Héritière de la pêche perlière des îles Farasan et des ports du Golfe, la plongée est devenue une activité d’investissement organisée et à forte valeur ajoutée, en phase avec la Vision saoudienne 2030 et l’économie bleue.

La biodiversité constitue un atout majeur : le Centre national de la faune sauvage a recensé plus de 1 200 espèces de poissons et plus de 300 espèces de coraux, et constitué la plus grande base de données au monde sur la biodiversité de la mer Rouge, avec plus de 12,8 milliards de séquences génétiques. Les tombants, îles vierges et parois coralliennes de Yanbu, Umluj, Bayadah ou des îles Farasan attirent plongeurs confirmés et photographes, tandis que les eaux plus calmes et les épaves du Golfe, au large de Jubail et de l’île de Jana, se prêtent à l’exploration d’épaves, à la plongée de nuit et à l’initiation.

Le secteur repose aussi sur un héritage familial. Ali, 89 ans, dont 60 passés en mer, voit ses quatre fils perpétuer la tradition comme moniteurs et guides pour des expéditions scientifiques, pendant qu’il vend sa pêche du jour. Abdullah Hussein, 68 ans, se souvient de quatre décennies de pêche aux perles, un héritage aujourd’hui présenté au public lors d’événements culturels. Parmi les nouveaux passionnés, l’ingénieur Abdullah Al-Dosari, plongeur depuis 2017, a obtenu auprès de la Professional Association of Diving Instructors (PADI) son brevet Advanced Open Water Diver, après une formation à la sécurité, à la décompression et à la flottabilité, et explore des sites allant de Half Moon Beach et Djeddah à l’île de Jana.

Créée en 2018, la Fédération saoudienne des sports nautiques et de plongée (SWSDF) a harmonisé les licences professionnelles, cartographié plus de 1 000 sites répartis sur 400 destinations en eau libre et accrédité 68 points de plongée depuis le rivage. Via « Zawil », portail de permis développé avec la Direction générale des garde-frontières et la société Elm, le Royaume encadre 93 centres agréés et plus de 50 000 plongeurs brevetés.

Pour le moniteur Ahmed Ali, des centres ouverts 24 heures sur 24 facilitent l’accès à des sites comme Jazan, Al-Lith ou Bayadah, et les certifications internationales (PADI, Scuba Schools International, National Association of Underwater Instructors), combinées à l’accréditation de la SWSDF, sont essentielles pour la sécurité, la protection des habitats et la confiance des touristes. Ce cadre a permis à l’instructeur Abdulaziz Al-Wabil de passer du loisir à l’entrepreneuriat : il forme des jeunes dès 10 ans et conduit des croisières « safari » d’une semaine consacrées aux épaves et à la découverte sous-marine.

La plongée nourrit aussi la science : les plongeurs participent à la culture de coraux, aux études écologiques et à la surveillance environnementale avec des universités. Portée par des projets comme The Red Sea et NEOM et par l’essor des croisières, la filière crée des métiers spécialisés en guidage marin, plongée technique et photographie sous-marine, et conforte le Royaume comme pôle mondial du tourisme marin durable.