La première réunion ministérielle conjointe entre le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et la Suisse marque une étape importante pour le dialogue politique entre les deux parties et ouvre de nouvelles perspectives, a estimé le secrétaire général du CCG, Jasem AlBudaiwi. La réunion s’est tenue aujourd’hui à New York sous la coprésidence du ministre bahreïni des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil ministériel, le Dr Abdullatif bin Rashid Al Zayani, et du conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du Département fédéral des affaires étrangères, avec les ministres des Affaires étrangères des pays membres.

Jasem AlBudaiwi a rappelé la signature en janvier dernier d’un mémorandum d’entente instituant un dialogue stratégique, que le CCG souhaite traduire en initiatives concrètes. Le Secrétariat général a préparé un projet de plan d’action conjoint couvrant les domaines politique, culturel, du développement et humanitaire, dont il espère l’adoption prochaine.

Sur le plan régional, il a dénoncé les attaques de missiles balistiques et de drones menées depuis le 28 février 2026 par l’Iran et ses alliés contre les pays du Golfe, qui ont visé des infrastructures vitales et causé des pertes humaines et matérielles, alors même que ces États n’étaient pas parties à la guerre et avaient œuvré à la médiation et à la désescalade.

La perturbation de la navigation et la fermeture du détroit d’Ormuz ont eu, selon lui, des effets mondiaux : flambée des prix de l’énergie, chaînes d’approvisionnement désorganisées, charges accrues pour les gouvernements et les entreprises. La sécurité des voies maritimes du Golfe est donc un enjeu international. Il a demandé à l’Iran de respecter pleinement la résolution 2817 du Conseil de sécurité, de cesser définitivement et sans condition ses attaques et de rétablir la navigation à Ormuz et à Bab el-Mandeb à son niveau d’avant le 28 février 2026.

Il a enfin réaffirmé la centralité de la cause palestinienne et la nécessité de mettre fin à l’occupation israélienne et d’établir un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, conformément à l’Initiative de paix arabe et aux résolutions internationales, souhaitant que la Suisse reconnaisse l’État de Palestine. Il a exprimé l’espoir que cette réunion inaugure une nouvelle phase plus ambitieuse des relations entre le Golfe et la Suisse.